Ce qui change pour les exploitants de laser en 2026

Disons-le d'emblée : aucune obligation nouvelle n'est apparue. Ce qui se déplace, c'est l'endroit où l'on regarde.

Publié 15.07.2026 Lecture 7 min Domaine Réglementation
L'essentiel
  • Aucun texte légal nouveau ne s'applique aux exploitants de laser en Suisse en 2026. Le cadre est celui de la LAA, de l'OPA et des documents Suva.
  • Ce qui change est l'attention : la question de la personne désignée arrive plus tôt dans les visites.
  • Le soudage laser manuel est le sujet qui monte le plus vite, parce que le parc s'est constitué en trois ans.
  • Les attestations nominatives restent le point qui ne se rattrape pas.
  • Si vous ne deviez faire qu'une chose cette année : vérifier que votre concept de sécurité est daté.

Y a-t-il une nouvelle obligation légale en 2026 ?

Non. Et il vaut la peine de le dire clairement, parce que la question revient à chaque session et parce qu'elle circule sous forme de rumeur chez les fournisseurs de machines.

Le cadre applicable est le même qu'auparavant : la loi fédérale sur l'assurance-accidents, l'ordonnance sur la prévention des accidents, et les documents de référence publiés par la Suva. Aucun de ces textes n'a fait l'objet d'une révision touchant l'exploitation de systèmes laser cette année.

Ce constat vaut aussi dans l'autre sens : rien ne s'est allégé. L'obligation d'informer et d'instruire les travailleurs, la désignation d'un responsable à partir de la classe 3B, l'analyse de risque et le concept de sécurité restent exactement ce qu'ils étaient.

D'où vient la rumeur

Elle vient presque toujours d'un commercial. « La nouvelle norme impose une formation » est un argument de vente commode, et il est faux dans sa formulation : ce n'est pas une norme nouvelle qui impose la formation, c'est une obligation générale qui existe depuis longtemps et que beaucoup découvrent en achetant leur première machine.

Qu'est-ce qui a réellement bougé, alors ?

L'ordre des questions lors des visites d'entreprise. C'est une différence de pratique, pas de droit, et elle a des conséquences très concrètes.

Le point de départ d'une visite était souvent la machine : on regardait l'installation, la signalisation, les protections, puis on remontait vers l'organisation. Ce que nous observons depuis le début de l'année est l'inverse : la première question porte sur la personne désignée et sur la preuve qu'elle est formée.

Cela change la nature de la préparation. Un atelier impeccable dont personne ne peut dire qui est le responsable sécurité laser part mal, alors qu'un atelier moyen avec un dossier tenu et une personne identifiée conduit à une conversation constructive.

La logique est compréhensible : les mesures techniques se voient et se corrigent, la compétence ne se voit pas et ne se corrige pas dans la semaine.

Quels sujets montent le plus vite ?

Trois, très inégalement traités dans les entreprises.

Le soudage laser manuel. C'est le sujet de l'année. Le parc s'est constitué en trois ans, les appareils s'achètent comme un poste à souder, et la sécurité de ces postes repose entièrement sur l'organisation puisqu'il n'y a plus de capot. Beaucoup d'ateliers en sont équipés sans avoir revu leur concept de sécurité. Nous y consacrons un article dédié.

Les interventions capot ouvert. Les machines capotées sont classées 1 et cette étiquette rassure. La question qui vient maintenant est : qui ouvre, quand, et avec quelles protections. C'est le vrai lieu du risque sur une installation industrielle.

Les fumées de procédé. Longtemps traitées comme un sujet d'hygiène séparé, elles reviennent dans l'analyse de risque laser, ce qui est logique : elles sont produites par le procédé et concernent une exposition quotidienne, là où le rayonnement reste un risque accidentel.

Que faire concrètement d'ici la fin de l'année ?

Quatre gestes, classés par rapport entre l'effort et ce qu'ils évitent.

  1. Ouvrir votre concept de sécurité et regarder sa date. S'il n'en porte pas, ou si elle remonte à plus de deux ans, c'est le premier signal négatif que verra un inspecteur. Une revue annuelle même brève, datée et signée, règle la question.
  2. Vérifier que la désignation du responsable existe par écrit, et qu'elle précise le périmètre, les moyens et l'autorité. Un nom sur un organigramme ne suffit pas.
  3. Rassembler les attestations des personnes exposées dans un endroit unique. C'est le seul point réellement irrattrapable le jour d'un contrôle.
  4. Si vous avez acquis un poste de soudage manuel, reprendre l'analyse de risque de ce poste. C'est l'écart le plus fréquent que nous rencontrons actuellement.

Aucun de ces quatre points ne demande d'investissement matériel. Ils demandent une demi-journée et une décision.

Ce qui joue en votre faveur

  • La stabilité du cadre est une bonne nouvelle : ce que vous mettez en place ne sera pas périmé l'an prochain.
  • Les points désormais regardés en premier sont ceux qui relèvent de la documentation, donc les moins coûteux à corriger.
  • Une visite d'entreprise est annoncée dans la grande majorité des cas.
  • Un dossier incomplet mais daté, avec un plan d'action, se traite bien mieux qu'un dossier absent.

Ce à quoi faire attention

  • L'absence de texte nouveau fait croire qu'il n'y a rien à faire, alors que l'obligation existait déjà.
  • Les postes de soudage manuel arrivent souvent en production avant toute analyse de risque.
  • Un concept non daté signale une documentation abandonnée, ce qui pèse plus lourd qu'un concept incomplet.
  • Les attestations de formation ne se reconstituent pas après coup.
  • Les arguments réglementaires entendus chez un fournisseur de machines sont à vérifier, pas à reprendre.

Questions fréquentes

Une nouvelle loi sur les lasers est-elle entrée en vigueur en 2026 ?

Non. Le cadre reste la loi fédérale sur l'assurance-accidents, l'ordonnance sur la prévention des accidents et les documents de référence de la Suva. Ce qui évolue est la pratique des visites d'entreprise, pas le droit applicable.

Faut-il refaire la formation de nos équipes cette année ?

Pas au titre d'une échéance réglementaire, qui n'existe pas pour les personnes exposées. En revanche, tout changement d'installation, de procédé ou de personnel justifie une nouvelle instruction, et l'arrivée d'un poste de soudage manuel en est un.

Notre concept de sécurité date de 2021, est-ce un problème ?

C'est un point qui sera relevé. Une revue datée, même courte, qui confirme que le document correspond toujours aux installations, suffit à le remettre en état. Le problème n'est pas l'ancienneté de la première rédaction, c'est l'absence de trace de relecture.

Notre machine est capotée et classée 1, sommes-nous concernés ?

Oui, dès que quelqu'un ouvre l'enceinte pour un réglage, une maintenance ou un déblocage. La source intégrée est de classe 4 et redevient accessible à ce moment-là.

Où trouver les documents Suva de référence ?

Ils sont publics et téléchargeables sur le site de la Suva. Les références utiles figurent dans le bloc Sources ci-dessous.

Reprendre la question à la base

Si le sujet n'a jamais été traité chez vous, la journée Sécurité laser donne le socle et laisse une attestation nominative pour chaque participant.

Sources

Ce billet rapporte des observations de terrain, qui n'engagent que nous et ne valent pas constat officiel. Les références sont citées à titre d'orientation et à valider avant toute décision.